L’assainissement non collectif : fonctionnement, installation et aides

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Certaines maisons notamment celles qui sont situées en zones rurales ne sont pas reliées au tout-à-l’égout. Le traitement des eaux usées domestiques étant impératif, une installation d’assainissement non collectif doit être réalisée. Les travaux de conception et d’installation d’un assainissement non collectif doivent être bien faits. Différents acteurs interviennent dans ce domaine et différents dispositifs sont utilisés pour la conception d’un assainissement non collectif. Voulez-vous en apprendre plus sur les systèmes d’installation des assainissements non collectifs ? Découvrons ensemble dans ce guide l’essentiel à connaître sur le sujet.

Pourquoi installer un système d’assainissement non collectif ?

L’assainissement non collectif ou autonome regroupe l’ensemble des installations individuelles destinées à la gestion efficace des eaux usées. Il ne concerne que les habitations qui ne sont pas ou ne peuvent pas être raccordées à l’assainissement collectif. Il assure la gestion des eaux usées et joue un triple rôle à savoir :

  • La prévention des risques sanitaires ;
  • La réduction de l’impact des rejets sur l’environnement ;
  • La protection des ressources en eau.

La mise en place d’une installation d’assainissement individuelle a aussi d’importants enjeux pour la nature et le développement durable. Cela est vrai parce qu’elle participe à la protection de l’environnement et à recours parfois à des matériaux écologiques. Et pour les gérer convenablement, un système de collecte, de traitement et d’évacuation efficaces doit être mis en place. Son installation doit être réalisée dans le strict respect de la réglementation en cours, notamment la NF DTU 64.1.

Les différentes étapes de l’installation d’un assainissement non collectif

L’installation d’un système d’assainissement non collectif requiert avant toute chose le recours au service du SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif). C’est le seul service étatique habilité à suivre votre projet d’assainissement depuis sa conception jusqu’à sa réalisation. Il veille notamment à la vérification de la conformité des installations. Les travaux d’installation d’un assainissement non collectif se déroulent généralement en deux étapes à savoir :

  • La mise en place du système de collecte et de prétraitement des eaux usées ;
  • La mise en place du système de traitement et d’évacuation des eaux usées.

Vous avez le choix entre différentes solutions pour effectuer votre assainissement autonome (la fosse toutes eaux, la fosse septique…). Votre choix doit dépendre parfois des spécificités de votre logement et du type d’installation que vous voulez réaliser.

La collecte et le prétraitement des eaux usées

Pour la collecte et le prétraitement des eaux usées, deux cas de figure se présentent. Si vous disposez déjà d’une fosse septique, elle peut être utilisée pour recueillir les eaux usées. Et vous avez l’obligation d’y intégrer un bac à graisse pour garantir le prétraitement des eaux usées. La loi interdit désormais la construction de fosses septiques. Ainsi, s’il s’agit d’une nouvelle installation, vous serez alors contraint d’installer une fosse toutes eaux. Cette dernière doit être installée à plus de 3 mètres de votre habitation. Elle doit aussi être éloignée d’au moins 5 mètres des arbres. Si elle doit être installée à plus de 10 mètres du logement, vous devez impérativement utiliser un bac à graisse. La fosse toutes eaux est très efficace pour le prétraitement des eaux usées. Le prétraitement des eaux usées permet d’éliminer jusqu’à 30 % de leurs déchets. Il consiste notamment à évacuer les gaz contenus dans la fosse, à retenir les graisses ainsi que les matières solides. Le prétraitement des eaux usées a aussi pour finalité la liquéfaction des rejets par fermentation.

Le traitement et l’évacuation des eaux usées

Pour éliminer le maximum de déchets, les eaux usées doivent subir un second traitement avant d’être évacuées dans leur milieu naturel. Pendant ce traitement, deux opérations fondamentales sont réalisées (l’épuration et l’infiltration). L’épuration s’effectue par répartition des eaux usées précédemment prétraitées soit dans une couche de sable, soit dans un sol imperméable. Différents types de dispositifs variables selon la nature et la perméabilité du sol sont utilisés pour épurer les eaux usées. Quant à l’infiltration, elle peut se faire directement dans le sol ou dans un fossé si le sol n’est pas propice. Trois possibilités s’offrent à vous à cet effet pour infiltrer ou évacuer les eaux usées :

  • L’épandage sur un sol naturel ;
  • L’épandage sur un sol reconstitué ;
  • Le système de traitement écologique agréé par le ministère de l’Écologie.

Quels sont les différents dispositifs utilisés pour effectuer une installation d’assainissement non collectif ?

Les dispositifs utilisés pour installer un assainissement non collectif peuvent être regroupés en deux classes à savoir :

  • Les dispositifs traditionnels ;
  • Les dispositifs agréés.

Les dispositifs traditionnels concernent les solutions classiques utilisées sur les sols naturels et sur les sols reconstitués. Le lit d’épandage à faible profondeur et l’épandage souterrain sont les deux dispositifs utilisés sur les sols naturels. Pour les sols reconstitués, on a le lit filtrant vertical non drainé, le filtre à sable vertical drainé. On a aussi le lit filtrant à flux horizontal et le lit filtrant drainé à flux vertical à massif zéolithe. En ce qui concerne les dispositifs agréés, ils en existent de différentes sortes. Les micro-stations, les filtres compacts et les filtres écologiques en sont quelques exemples.

La micro-station d’épuration

La micro-station est un excellent dispositif utilisé pour réaliser l’assainissement individuel d’un logement. Elle convient parfaitement à toutes les habitations individuelles. La micro-station a l’avantage d’être facile à installer et est fabriquée avec des matériaux solides, durs offrant une meilleure longévité. Sa mise en place ne requiert pas assez d’espace et les eaux qu’elle rejette sont propres, mais pas potables. Elle en existe sous différents types dont les micro-stations à culture libre et les micro-stations à culture fixée. En utilisant ce dispositif, vous êtes protégé des mauvaises odeurs. Il faut cependant souligner qu’il requiert un entretien minutieux et une maintenance régulière pour fonctionner correctement. Pour faire le bon choix de la micro-station, vous devez suivre l’avis du SPANC.

Les filtres compacts

Un filtre compact est constitué d’un massif filtrant et d’une fosse toutes eaux. Il a l’avantage de mieux s’adapter aux variations de charges comparativement à la micro-station. Le filtre compact peut s’installer en résidence principale comme en résidence secondaire. Économique et compact, il fonctionne de façon autonome (sans électricité) et sa vidange se fait très rarement. Dans certains cas, avant l’installation du filtre compact, il faut mettre en place une station de relevage ou une pompe de relevage. Et dans ces cas, il faudra de l’électricité pour faire fonctionner le dispositif.

Les solutions écologiques utilisées pour les assainissements non collectifs

Différents dispositifs écologiques sont proposés pour réaliser un assainissement écologique non collectif. Les solutions écologiques ont l’avantage d’être autonomes en énergie et sont parfaites pour le développement durable. Ils sont réalisés à l’aide des végétaux qui filtrent les pollutions des eaux usées. On a recours à diverses plantes notamment les plantes aquatiques ou adaptées aux régions humides pour effectuer l’assainissement écologique non collectif. Il s’agit notamment des iris des marais, roseaux, menthes aquatiques, scirpes… Parmi les cinq meilleures solutions d’assainissement écologiques, on a :

  • Les toilettes sèches ;
  • Les filtres plantés ;
  • Les filtres à coco ;
  • Le bambou d’assainissement ;
  • Le lagunage des eaux usées.

Chacune de ces solutions en plus d’être rentable économiquement est adaptée aux variations des charges. Elles permettent aussi d’obtenir un grand rendement épuratoire et sont réutilisables pour les eaux traitées en irrigation souterraine. Par ailleurs, opter pour une solution d’assainissement écologique favorise l’intégration paysagère de l’habitation.

À qui faire appel pour l’installation d’un assainissement non collectif ?

Différents acteurs interviennent lors d’un projet d’installation du système d’assainissement individuel. Comme précisé plus haut, vous devez d’abord contacter votre SPANC. Vous aurez également recours à lui pour réaliser des contrôles périodiques et contrôler l’état de l’assainissement d’un logement en vente. Mis à part cet acteur, vous aurez aussi besoin des services de :

  • Un bureau d’étude ;
  • Une entreprise spécialisée dans le domaine…

L’installation d’un système d’assainissement d’eau est une affaire de professionnel. C’est pourquoi, pour réaliser les installations classiques, ces professionnels sont très recommandés. Pour trouver l’équipe compétente qu’il vous faut en France, vous pouvez contacter la société France Épuration joignable sur franceepuration.com. Mais il est aussi possible d’effectuer soi-même son installation. L’auto-installation concerne exclusivement les assainissements écologiques. Même dans ces cas, il est toujours plus préférable de se faire accompagner par un professionnel du domaine. Il pourra aussi vous conseiller dans le choix des dispositifs agréés à utiliser ou les techniques écologiques à employer. De plus, il pourra évaluer les dimensions de votre système d’assainissement sur une base telle que la suivante nombre de pièces principales (PP) = nombre d’équivalent-habitant (EH). Cette mesure correspond en général au nombre réel d’habitants de l’habitation.

Les aides proposées pour les travaux d’assainissement non collectif

L’installation d’un système d’assainissement collectif nécessite des moyens plus ou moins conséquents. Il faut compter en moyenne 5000, voire 10000 euros, pour la mise en place d’une micro-station par exemple. Trouver donc une aide pour financer votre projet peut être très utile. Vous avez la chance de bénéficier sous certaines conditions de certaines aides dont :

  • L’éco-prêt à taux zéro pour financer des projets d’installation d’assainissement sanitaire ne dépassant pas 10 000 euros ;
  • Les subventions de l’ANAH (Agence Nationale de l’Habitat) pour les projets d’installation et de rénovation d’assainissement individuel ;
  • Les subventions et conseils généraux en travaux d’assainissement non collectif proposés par les communes ;
  • Les possibilités de subventions proposées par la caisse des retraites ;
  • Les prêts de la CAF ;
  • La réduction de la TVA à 5,5 % pour les projets d’entretien d’assainissement autonome…

Que retenir ? L’installation d’assainissement individuel est une obligation pour les logements non raccordés au tout-à-l’égout. Pour votre assainissement individuel, vous avez le choix entre plusieurs dispositifs. Vous devez opter pour un dispositif agréé par le ministère de la Santé et de l’Écologie. Pour la concrétisation de votre projet, vous devez vous offrir les services de certains professionnels comme ceux de l’agence France Épuration.

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