JO de Pyeongchang : le havre de paix dans une péninsule sous tension

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Depuis les récents tirs nord-coréens dans la mer du Japon, le climat des relations internationales s’est alourdi dans la région. L’organisation des Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang permet de déplacer les attentions de la Corée du Nord vers la Corée du Sud. Un climat plus ou moins favorable à un rapprochement entre le Nord et le Sud, mais qui n’avance en rien les relations entre Kim Jong Un et la Donald Trump.

Des JO d’hiver dans un environnement chaud

Située dans la province du Gangwon, en Corée du Sud, la ville de Pyeongchang accueille 93 nations et 2925 athlètes dans le cadre des JO d’hiver 2018. Même si la question de la sécurité a été soulevée par certaines nations telles que la France, l’Allemagne ou l’Autriche à cause de la proximité de Pyeongchang avec la frontière nord-coréenne (8Okm), la situation est néanmoins sous contrôle. Celle-ci a évolué au point ou une délégation intercoréenne a défilé ensemble. Mieux au cours de ses jeux pour la première fois, il existe une équipe unifiée Coréenne de hockey sur glace regroupant les hockeyeuses des deux Nations.

Pour certains analystes, ces JO sont un tremplin pour la réconciliation entre les deux Corées. L’initiative venant du président sud-coréen Moon Jae In a reçu un accueille favorable de Kim Jong Un, le dirigeant nord-coréen. Ce dernier y a envoyé non seulement des athlètes représentés la République démocratique et populaire de Corée, mais politiquement et diplomatiquement, il est aussi représenté par sa sœur et conseillère Kim Yong Nam. Par l’entremise de cette dernière, Kim a envoyé une invitation à son puissant voisin pour un sommet dans la capitale nord-coréenne. Même si celle-ci fut rejetée par le président Moon, arguant des sanctions auxquelles fait face Pyongyang, l’ambiance n’a cependant pas été écorchée. D’ailleurs le jeune dictateur a remercié son homologue pour l’accueil réservé à sa sœur cadette, avant de souligner plus tard la prolongation du ‘’climat chaleureux de réconciliation et de dialogue’’ issu des JO auprès de la KCNA, l’agence de presse officielle nord-coréenne.

Cependant ce début de rapprochement suscite des doutes au sein de certains observateurs de la vie politique extrême orientale. Pour les plus suspicieux, même si l’initiative du rapprochement vient du président sud-coréen, elle serait saisie par le dictateur nord-coréen afin de diviser l’opinion internationale en occurrence l’alliance historique américano-sud-coréenne.

Mais au-delà des différends énormes qui opposent les deux pays, force est de constater que les gestes d’ouverture de part et d’autre en occurrence de la Corée du sud augure d’un avenir prometteur du moins en attendant la fin des JO.

La fausse occasion du rapprochement entre Washington et Pyongyang

Le président sud-coréen avait beaucoup misé sur les JO afin de favoriser les négociations sur le nucléaire Nord-Coréen, mais la tension entre les deux capitales n’a pas baissé d’un cran. Déjà le 09 février lors de la cérémonie d’ouverture des J-O, les médias du monde ont pu constater la froideur dans l’attitude des deux délégations. Aussi, hormis les nombreuses sanctions dont la Corée du Nord est sujette (chose qui envenime davantage les relations avec les États-Unis, chef de file des pays désapprouvant le programme nucléaire et balistique nord-coréen), ce sont les récents propos de Mike Pence, vice-président de Trump, qui enveniment le climat déjà délétère. Alors qu’une rencontre était prévue en marge des JO, ce dernier a qualifié la junte au pouvoir de ‘’Clique familiale malfaisante’’  qui aurait ‘’ affamé et emprisonné 25 millions de personnes’’. Des propos tenus le 22 février passé et qui sont la principale raison de l’annulation de la rencontre à un moment aussi critique où ce pays, la Corée du Nord, du fait des sanctions connait une situation humanitaire déplorable.

Les négociations sur le nucléaire Nord-Coréen ont repris en 2006 après une période d’accalmie, depuis la nation la plus fermée du monde a exprimé par des tirs réguliers son ambition de rentrer dans le club très fermé et craint des pays dotés de l’arme atomique. S’estimant menacée par la présence américaine, dont les troupes se trouvent non seulement en Corée, mais aussi au Japon, la Corée du Nord attend de nombreuses garanties de la communauté internationale et entend bien se réconcilier avec sa voisine sœur du sud, sans les Américains évidemment.

 

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